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Mythes et réalités: 4 croyances reliées à l'activité physique

Paru le 27 février 2014 dans WIXXMAG Société par Marjolaine Arcand

 

Lorsqu’il s’agit d’activité physique pour les enfants, il n’est pas toujours facile de différencier le mythe de la réalité. 

Dans leurs livres Mythes et réalité sur l’entraînement physique (2012), Mythes et réalités sur la musculation (2013), et Mythes et réalités sur la course à pied (à paraître ce printemps), les kinésiologies Pierre-Mary Toussaint et Martin Lussier font la lumière sur différentes croyances véhiculées dans le milieu du conditionnement et de l'activité physique. Saurez-vous départager le vrai du faux?

 

1. La musculation nuit à la croissance des jeunes

Faux. L’inquiétude concernant la possibilité que l’entraînement en musculation perturbe la croissance n’est pas justifiée. Selon les connaissances scientifiques actuelles, rien n’indique que la musculation, surtout si elle est bien encadrée, puisse nuire à la croissance.

 

Par contre, une fracture au niveau du cartilage de croissance peut causer, dans certaines situations, une perturbation de la croissance. Elle risque de provoquer l’inégalité de longueur d’un membre ou une déviation de l’os en cas de soudure d’une partie du cartilage. Ce type de fracture ne devrait pas se produire en musculation si celle-ci est pratiquée de façon adéquate, ce qui n’est pas le cas d’autres sports où le risque de chute et d’impact est assez important.

 

2. Plus on s'entraîne, moins on est malade

Vrai. La pratique régulière d’activités physiques est associée à de multiples bénéfices pour la santé. Les plus reconnus sont une diminution des risques de maladies cardiovasculaires, de diabète et d’ostéoporose. Plusieurs études ont aussi démontré que la pratique régulière d’activités physiques, d’une durée et d’une intensité modérées, avait une influence sur les risques de contracter un rhume ou une grippe.

 

Cependant, des exercices dont l’intensité et la durée sont excessives peuvent augmenter les risques d’infections des voies respiratoires durant les périodes d’entraînement et une à deux semaines après ce type d’effort.

 

3. Un enfant ne devrait pas pratiquer la course

Faux. Les enfants aiment courir, c’est pour eux une activité spontanée et plaisante. Plusieurs parents se questionnent sur l’intérêt et les risques de la course à pied lorsqu’elle se prolonge sur une distance relativement longue. La course à pied comporte effectivement des risques de blessures bien réels, qu’on soit un enfant ou un adulte, comme toute autre activité physique. Mais ce risque dépend davantage du type d’activité que de l’âge de celui qui la pratique. En effet, des sports comme le hockey, le ski alpin, la gymnastique ou le football présentent un risque de blessures nettement plus élevé que la course à pied, et ce, peu importe l’âge du participant.

 

Il est toutefois important d’éviter l’hyperspécialisation chez les enfants, c’est-à-dire que les activités physiques pratiquées doivent être diversifiées afin de diminuer le risque de blessures d’usure (fractures de stress, tendinopathies, etc.) et de fatigue psychologique. Un choix d’activités physiques varié favorise le développement d’un ensemble d’habiletés motrices et d’aptitudes physiques. Voilà pourquoi la course à pied devrait être combinée à d’autres activités physiques ou sportives comme le hockey, le vélo, le karaté, le ski de fond, etc.

 

4. Un enfant peut même courir un marathon

Vrai. Différentes opinions coexistent dans la littérature scientifique concernant la participation des enfants et des adolescents à des courses d’endurance comme le marathon. Toutefois, aucune donnée scientifique ne démontre à ce jour que les jeunes s’exposent à des risques plus importants que les adultes.

 

Certaines conditions devraient cependant être respectées afin qu’un enfant ou un adolescent puisse participer à une course de longue distance comme le marathon :

 

  • Le jeune doit décider de son propre chef et être suffisamment motivé pour se préparer à un marathon.
  • Le jeune doit être encadré lors de son entraînement.
  • L’entraînement doit être axé sur le plaisir et la participation et non sur la réalisation de records ou de temps rapides.
  • Le jeune ne doit pas se blesser ou ressentir de la douleur au cours des entraînements.
  • Le jeune doit maintenir une croissance et un poids normal pendant la période d’entraînement.
  • Le jeune doit demeurer en santé, maintenir des habitudes alimentaires saines et un sommeil adéquat.
  • Le jeune doit garder des relations sociales saines et un bon rendement scolaire pendant la période d’entraînement.
  • La jeune fille doit maintenir des menstruations normales.
  • L’enfant doit être accompagné d’un adulte lors du marathon.
  • Le jeune ne doit pas amorcer un marathon ou un entraînement de longue durée lorsque la température et l’humidité sont trop élevées. La température ne devrait pas excéder 15oC au départ et elle ne devrait pas grimper au-delà de 20 à 25oC durant la journée.
  • Le jeune devrait être suivi par un spécialiste de la santé qui peut lui expliquer, ainsi qu’à ses parents, les risques relatifs à une préparation et à une participation à un marathon.

 

En tant que parents, quels mythes entendez-vous le plus souvent à propos de l’activité physique chez vos enfants?

Réalisation : Mediactive